L’Institut Panos Haïti, en partenariat avec le Centre d’études interdisciplinaires sur les médias haïtiens (CEIMH) et avec le soutien financier de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), a lancé ce jeudi 13 novembre 2025 le projet « Stop à l’intox », une initiative destinée à renforcer les bonnes pratiques journalistiques et à mieux armer les professionnels face au fléau de la désinformation.
Le lancement s’est tenu dans les locaux de l’Institut Panos, à Pétion-Ville, en présence de journalistes, d’acteurs du numérique et de responsables d’organisations partenaires. Le projet, qui s’étendra jusqu’en mai 2026, cible les journalistes des médias en ligne et les influenceurs, considérés comme des relais essentiels dans la diffusion d’une information fiable et accessible au public.
Selon les responsables du programme, cette initiative vise à restaurer la confiance du public dans l’information, à renforcer les compétences professionnelles dans le traitement et la vérification des contenus numériques, et à sensibiliser la population aux risques liés à la consommation non critique des informations circulant sur les réseaux sociaux. Le projet combine formations spécialisées, conception d’outils pédagogiques et campagnes de sensibilisation, dans un contexte où la propagation rapide des rumeurs et fausses nouvelles fragilise déjà la cohésion sociale.
Cinquante professionnels du numérique seront formés dans le cadre du programme. L’objectif est de promouvoir une culture de vérification, d’éthique et de responsabilité, considérée comme indispensable pour contrer l’ampleur croissante de la désinformation en Haïti. « La désinformation fragilise nos sociétés, alimente les divisions et érode la confiance », a déclaré Jean Claude Louis, président de l’Institut Panos Haïti. Selon lui, la lutte contre ce phénomène est devenue incontournable, et les médias doivent jouer un rôle central dans la reconstruction de la confiance publique.
Le président-fondateur du CEIMH, le Dr Wisnique Panier, a salué le lancement de ce projet qu’il décrit comme un engagement collectif en faveur d’un espace médiatique plus crédible et responsable. Pour lui, « Stop à l’intox » dépasse largement le cadre d’une simple formation : il s’agit d’un acte citoyen visant à réhabiliter la vérité, à renforcer la confiance envers les médias et à promouvoir une éthique de l’information orientée vers l’intérêt général.
Cette initiative intervient à un moment où l’environnement numérique haïtien, en pleine mutation, est particulièrement exposé aux manipulations et aux contenus trompeurs. Elle entend ainsi contribuer à bâtir un écosystème médiatique plus robuste, où les professionnels comme les citoyens détiennent les outils nécessaires pour reconnaître, comprendre et contrer la désinformation.
