Un homme identifié comme Frantz Beauvoir, âgé de 34 ans, a été interpellé dans la matinée du jeudi 11 décembre 2025 par des agents du Service municipal de police judiciaire (SMPJ), appuyés par l’unité Backup, à la rue 19 A, dans la ville du Cap-Haïtien. Selon les informations communiquées par les autorités locales, l’individu est soupçonné d’être impliqué dans un vol survenu quelques heures plus tôt au sein de l’établissement hôtelier Auberge du Picolet, aux alentours de 7 heures du matin. Les faits reprochés portent sur la soustraction de plusieurs téléphones cellulaires ainsi que d’une somme estimée à environ 2 000 dollars américains.
D’après les éléments transmis par la police, ce sont les images issues des caméras de surveillance installées à l’intérieur de l’établissement qui auraient permis d’identifier le suspect et de localiser sa position. Les autorités indiquent également que les téléphones auraient déjà été écoulés avant l’interpellation. Frantz Beauvoir est actuellement placé en garde à vue au commissariat du Cap-Haïtien, où il est entendu par les enquêteurs dans le cadre de la procédure en cours.
Au-delà des faits, cette affaire relance la question de la valeur juridique des images de vidéosurveillance dans les enquêtes pénales en Haïti. En l’absence d’une loi spécifique et détaillée encadrant l’usage généralisé de la vidéosurveillance, le système judiciaire haïtien s’appuie principalement sur les principes généraux de la procédure pénale. Dans la pratique, les images issues de caméras privées ou publiques peuvent être retenues comme éléments de preuve, à condition qu’elles soient obtenues de manière licite, qu’elles n’aient pas été altérées et qu’elles soient versées régulièrement au dossier d’instruction. Leur force probante reste toutefois soumise à l’appréciation souveraine du juge, qui doit les examiner en confrontation avec l’ensemble des autres éléments matériels et testimoniaux.
Les spécialistes du droit pénal rappellent que les vidéos de surveillance, à elles seules, ne suffisent généralement pas à établir définitivement la culpabilité d’un suspect. Elles constituent un indice, parfois déterminant, mais qui doit être corroboré par des déclarations, des constatations matérielles ou d’autres preuves recueillies légalement. La défense conserve par ailleurs la possibilité de contester l’authenticité, la qualité ou le contexte des images produites.
À ce stade, les autorités n’ont pas communiqué d’informations supplémentaires sur d’éventuelles poursuites formelles ou sur la date de présentation du suspect devant un juge. Conformément au principe fondamental de la présomption d’innocence, Frantz Beauvoir demeure un suspect tant qu’aucune décision judiciaire définitive n’a été rendue. L’enquête se poursuit sous la responsabilité des autorités compétentes.
