Une opération sécuritaire majeure conduite le mardi 30 décembre 2025 dans le quartier de Bel-Air, à Port-au-Prince, a mis au jour un arsenal d’armes et de munitions d’une ampleur inhabituelle, confirmant le niveau de militarisation atteint par les groupes armés opérant dans la capitale. L’intervention, rendue publique le 31 décembre, ciblait une zone identifiée comme le fief du chef de gang connu sous le nom de Jamesley.
Menée avec l’appui d’unités spécialisées, l’opération avait pour objectif de réduire la capacité de nuisance de réseaux criminels accusés de semer la terreur dans ce secteur stratégique. Selon les informations communiquées par les autorités, plusieurs individus affiliés au groupe armé ont été neutralisés au cours de l’assaut. La résidence attribuée au chef du gang a été détruite, un acte présenté comme un signal fort adressé aux structures criminelles qui défient l’autorité de l’État.
Le matériel saisi dresse un tableau préoccupant. Les forces de l’ordre ont récupéré un drone de type Mavic, plusieurs armes de poing de calibres 9 mm et 22 mm, dont certaines altérées, ainsi que des armes d’assaut, notamment un fusil M16 et un fusil de type Kalachnikov. Trois fusils de calibre 12 figuraient également parmi les équipements confisqués. À ces armes s’ajoutent des moyens logistiques tels que des chargeurs, des batteries et des radios de communication, illustrant une organisation structurée et capable de soutenir des opérations armées prolongées.
L’élément le plus alarmant demeure la quantité de munitions retirées de la circulation. Plus de quatre mille cartouches de calibre 5.56 mm et près de neuf cents cartouches de calibre 7.62 mm ont été saisies. Pour les autorités, ce volume témoigne d’une capacité de feu considérable et d’un potentiel destructeur susceptible de provoquer des violences de grande ampleur contre les civils comme contre les institutions publiques.
Les responsables sécuritaires estiment que cette opération a porté un coup sérieux aux capacités opérationnelles du réseau ciblé. Toutefois, la menace n’est pas totalement neutralisée. Le chef du gang demeure en fuite, et sa capture reste une priorité dans la poursuite des opérations annoncées dans plusieurs zones sensibles de la capitale.
Dans un contexte national marqué par une insécurité persistante, cette intervention rappelle l’ampleur du défi sécuritaire auquel le pays est confronté. Elle illustre également la volonté affichée des forces de l’ordre de reprendre progressivement le contrôle de quartiers longtemps dominés par les groupes armés, dans l’espoir de restaurer la sécurité, la paix publique et l’autorité de l’État.
