Les tensions géopolitiques entre Washington et Moscou ont pris une nouvelle tournure mercredi 7 janvier 2026 après que les États-Unis ont annoncé la saisie de deux pétroliers dans le cadre de leur vaste campagne de sanctions contre les exportations pétrolières liées au Venezuela.
L’opération la plus médiatisée concerne le Marinera, anciennement baptisé Bella 1. Ce navire, battu sous pavillon russe au moment de l’interception, a été capturé en haute mer dans l’Atlantique Nord après une poursuite de plus de deux semaines par les garde-côtes américains.
Le Commandement américain pour l’Europe a précisé dans un message publié sur X que la saisie avait été effectuée « pour violation des sanctions américaines » et sur la base d’un mandat délivré par un tribunal fédéral américain, après que le navire avait été suivi par le cutter USCGC Munro des garde-côtes.
Selon plusieurs médias internationaux, Marinera n’était pas en train de transporter de cargaison au moment de son interception, mais il est sanctionné depuis 2024 par les États-Unis pour ses liens présumés avec des réseaux de livraison d’hydrocarbures impliquant l’Iran et des groupes qualifiés de terroristes par Washington.
Les autorités américaines ont également annoncé la saisie d’un deuxième navire, le Sophia, dans la mer des Caraïbes. Celui-ci, décrit comme un pétrolier « sans pavillon » ou stateless, était également accusé de participer aux circuits d’exportation de pétrole vénézuélien soumis à embargo par Washington.
Ces opérations s’inscrivent dans le cadre d’un blocus maritime mondial mis en place par les États-Unis pour faire respecter les sanctions contre le pétrole vénézuélien, qui ont été élargies ces derniers mois.
Le gouvernement russe a vivement condamné la saisie du Marinera. Dans un communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères a affirmé que l’utilisation de la force contre un navire battant pavillon russe était contraire à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, qui garantit notamment la liberté de navigation en haute mer.
Moscou a par ailleurs indiqué que des navires, dont un sous-marin, avaient été dépêchés pour escorter le tanker avant son interception.
L’incident intervient dans un contexte déjà tendu entre les États-Unis, la Russie et plusieurs acteurs régionaux. La saisie du Marinera survient quelques jours seulement après une opération américaine hautement controversée au Venezuela impliquant la capture de hauts responsables politiques dans le cadre de poursuites pénales américaines (situation qui a elle-même suscité de vives réactions internationales).
Washington justifie ces actions par la volonté d’empêcher les contournements de sanctions visant notamment les exportations illégales de pétrole et « l’activité de flottes clandestines » qui permettraient à certains États de faire fi des règles imposées par les États-Unis et leurs alliés.
De son côté, l’opération a été soutenue diplomatiquement par plusieurs alliés, dont le Royaume-Uni qui, selon ses autorités, a apporté un appui logistique et de surveillance à l’effort américain.
Les réactions officielles divergent fortement sur la légalité et les implications de cette opération. Pour Washington, il s’agit d’une application légitime de sanctions économiques et d’un combat contre des réseaux illégaux de transport de pétrole sanctionné. Pour Moscou, cette saisie constitue une violation des principes fondamentaux du droit maritime international.
Ce type d’affrontement en haute mer pose des questions profondes sur l’équilibre entre sanctions unilatérales, liberté de navigation et souveraineté des États en matière économique et maritime.
