Dans un pays éprouvé par l’insécurité, le stress permanent et la fragilité économique, la Journée mondiale du diabète prend en Haïti une résonance particulière. Alors que 7 % de la population adulte est atteinte — et que la moitié l’ignore — les autorités sanitaires rappellent l’urgence du dépistage et de la prévention. En Haïti, se protéger du diabète revient presque à se protéger contre l’environnement qui menace quotidiennement la santé des citoyens.
« En Haïti, 7 % de la population adulte vit avec le diabète, soit environ 470 000 personnes. La moitié l’ignore », a déclaré la présidente de la Fondation haïtienne de diabète et de maladies cardiovasculaires (FADIMAC), le Dr Nancy Charles Larco, lors d’une intervention à la salle de conférence du ministère de la Santé publique, ce vendredi 14 novembre 2025. Elle a rappelé que le thème de cette année — « Pour la prévention du diabète, nous faisons le test, nous prenons soin de nous-mêmes » — appelle chacun à donner l’exemple, en commençant par se faire dépister soi-même.
Face à un auditoire composé d’étudiants et d’écoliers, le Dr Larco a tenu à clarifier un point essentiel : le diabète sans complications est un état ; il devient une maladie lorsque les complications apparaissent. Cette nuance souligne l’importance d’une surveillance régulière, de la prévention, de l’éducation et de l’accompagnement médical.
La présidente de la FADIMAC a recensé plusieurs défis majeurs auxquels font face les personnes vivant avec le diabète en Haïti : la stigmatisation, l’ignorance dans les milieux scolaires et professionnels, la discrimination à l’emploi, la précarité économique qui limite l’accès aux soins, ainsi que la détresse psychologique, particulièrement chez les jeunes confrontés au regard de leur entourage. Pour elle, il est indispensable de créer des environnements plus compréhensifs, où les élèves comme les travailleurs diabétiques se sentent en sécurité et respectés.
Ce vendredi 14 novembre, la cour du ministère de la Santé publique et de la Population s’est animée comme un véritable centre de prévention. Sous des tentes décorées, plusieurs institutions — Laboratoires Farmatrix, Maison Reinbold, HMS, Acces medical supplies, Provipharm SA, Denk Pharma, ainsi que la clinique mobile du MSPP — ont accueilli un flux continu de visiteurs venus mesurer leur glycémie, acheter un glucomètre ou s’informer sur la gestion du diabète. Le Dr Larco a salué cette initiative, longtemps souhaitée par la FADIMAC, rappelant que la prévention reste l’outil le plus efficace pour limiter les complications et sauver des vies.
La Journée mondiale du diabète, célébrée chaque 14 novembre, coïncide avec l’anniversaire de la découverte de l’insuline en 1921, une avancée qui a transformé l’histoire de la médecine. Aujourd’hui, il s’agit de la plus vaste campagne internationale dédiée à la sensibilisation sur le diabète. Le thème global, « diabète et bien-être », met en lumière les défis du milieu professionnel, un aspect particulièrement sensible en Haïti, où les conditions de travail restent difficiles. Malgré cela, le Dr Larco insiste : des stratégies existent pour améliorer la qualité de vie, même dans un contexte contraignant.
En Haïti comme ailleurs, vivre avec le diabète n’est pas une fatalité. Mais face à une maladie silencieuse qui progresse année après année, chacun porte une part de responsabilité. Faire un test, s’informer, adopter des habitudes saines : autant de gestes simples qui peuvent changer des vies. En cette Journée mondiale du diabète, le message de la FADIMAC s’impose comme un appel à l’action : prévenir, c’est déjà se protéger.
