L’affaire remonte à 2018, mais elle ressort aujourd’hui avec force. L’Office de la Protection du Citoyen (OPC) appelle l’État haïtien à assumer ses responsabilités après qu’une adolescente a été infectée au VIH/SIDA à la suite d’une transfusion sanguine réalisée à l’hôpital Nos Petits Frères et Sœurs, situé à Tabarre.
Dans une lettre adressée au ministre de la Santé publique, Bertrand Signal, le Protecteur du citoyen, Me Jean Wilner Morin, affirme avoir reçu les plaintes de la famille de la jeune fille, aujourd’hui âgée de dix-sept ans. Selon le dossier soumis à l’OPC, l’hôpital aurait reconnu sa responsabilité dès le 7 août 2018, moins de deux mois après l’intervention médicale incriminée.
Plus de six ans après le drame, la victime ne bénéficie que d’un traitement antirétroviral, une réponse qualifiée par l’institution de « loin d’être à la hauteur du préjudice subi ». L’OPC estime que la contamination constitue une atteinte grave au droit à la vie, à la dignité et à la santé, entraînant des conséquences profondes tant physiques que psychologiques pour la jeune fille et sa famille.
L’organisme public demande au ministère de prendre des mesures disciplinaires contre les responsables, mais aussi d’assurer une prise en charge complète de la victime, incluant réparation, accompagnement social et soutien psychologique.
Dans sa correspondance, l’OPC affirme également que d’autres cas similaires existent dans le pays, souvent ignorés faute d’encadrement institutionnel et de recours judiciaire efficace.
Cette affaire relance la question centrale de la sécurité transfusionnelle, du contrôle des hôpitaux et de la responsabilisation du système sanitaire face aux erreurs médicales.
