L’histoire rattrape enfin les Grenadiers. Cinquante-deux ans après leur unique participation au Mondial de 1974, la sélection nationale haïtienne retrouvera la scène la plus convoitée du football mondial. Le tirage au sort effectué vendredi à Washington les a placés dans un groupe C aussi prestigieux que complexe : le Brésil, quintuple champion du monde ; le Maroc, quatrième de la Coupe du monde 2022 et leader incontesté du continent africain ; ainsi que l’Écosse, seul représentant européen de cette poule.
Le retour d’Haïti dans une compétition à 48 équipes est déjà un saut symbolique. Considérés par les observateurs comme l’un des outsiders du tournoi, les coéquipiers de Duckens Nazon devront se confronter à deux adversaires qu’ils n’ont jamais affrontés : le Maroc et l’Écosse. Ce saut vers l’inconnu, où la réputation internationale pèse lourdement sur la balance, donne une saveur particulière à cette aventure : celle d’une nation qui vient défier des géants.

Le Brésil, lui, n’est ni une découverte ni un doux souvenir. Les Grenadiers connaissent trop bien cette montagne dorée. Trois confrontations jalonnent leur histoire commune : Brasilia 1974 (4-0), Port-au-Prince 2004 pour le match amical surnommé « le match de la paix » (0-6) avec Ronaldo, Ronaldinho, Roberto Carlos comme bourreaux, puis Orlando 2016 lors de la Copa America Centenario (7-1). Ce soir-là, James Marcelin inscrivit le seul but haïtien jamais marqué contre la Seleção. Ce but figure encore dans la mémoire collective, preuve qu’au-delà de la défaite, il y a parfois une victoire symbolique.
La FIFA dévoilera dans les prochains jours le calendrier des rencontres et les villes hôtes où Haïti disputera son tournoi entre les États-Unis, le Mexique et le Canada du 11 juin au 19 juillet 2026. Les ambitions sportives seront mesurées, mais la portée sociale, émotionnelle et identitaire dépasse l’enjeu du terrain. Ce retour au Mondial transforme l’équipe nationale en miroir pour une population qui cherche souvent ses victoires ailleurs que dans la réalité quotidienne. Réaliste, mais chargé d’espérance, ce parcours pourrait offrir aux Grenadiers une tribune inédite : montrer que, même sans statut de favori, Haïti peut encore écrire des chapitres imprévus.
La Coupe du monde 2026 sera, pour les joueurs haïtiens, un terrain d’apprentissage extrême, une vitrine mondiale et peut-être, l’occasion d’un sursaut imprévu. Le football haitien n’a jamais cessé d’être un refuge émotionnel pour ses enfants ; le Mondial, lui, pourrait devenir la preuve que les rêves longtemps interrompus peuvent reprendre leur course.
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