Lors de la signature du protocole d’accord de facilitation tenue le vendredi 16 janvier 2026 à l’hôtel Montana, le ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Fils Metellus, a annoncé une série de mesures fiscales et douanières destinées à relancer la production nationale, fortement affectée par la crise structurelle que traverse le pays. Devant des représentants du secteur privé et des acteurs institutionnels, le grand argentier de la République a confirmé que les entreprises importatrices de biens d’équipements et de matières premières bénéficieront désormais d’exonérations complètes des droits de douane.
Selon le ministre, toutes les taxes sur les matières premières, les intrants, les emballages et les équipements ont été supprimées, conformément aux dispositions prévues dans le code douanier. Il précise n’avoir fait qu’activer des mécanismes existants, longtemps sous-utilisés, afin de stimuler la capacité productive du pays. Ces avantages fiscaux, a-t-il rappelé, figurent déjà dans le budget de la République depuis l’exercice fiscal 2024-2025, puis ont été reconduits dans le budget 2025-2026 après des échanges avec les chambres de commerce et les associations patronales.
Alfred Fils Metellus a expliqué que la durée des avantages fiscaux, initialement ramenée de quinze à sept ans, a finalement été portée à dix ans à l’issue de ces concertations, dans un souci de stabilité et de prévisibilité pour les investisseurs. Cette extension vise à offrir aux entreprises un cadre suffisamment durable pour planifier leurs investissements et renforcer leur compétitivité, notamment dans un contexte de fragilité des chaînes d’approvisionnement.
Parallèlement, le ministre a annoncé la suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires (TCA) pour les producteurs et entreprises qui importent des lignes de production de grande valeur. Il a jugé incohérent d’exiger le paiement de cette taxe sur des équipements pouvant atteindre 8, 10 ou 20 millions de dollars américains, estimant qu’une telle pression fiscale réduit mécaniquement la capacité de production et la compétitivité des entreprises locales. Des instructions ont déjà été transmises à la Direction générale des impôts (DGI) et à la Direction générale des douanes (DGD) pour l’application immédiate de cette mesure.
Pour justifier l’ensemble de ces décisions, le ministre s’est appuyé sur la chute alarmante des exportations haïtiennes, aujourd’hui évaluées à environ 500 millions de dollars américains, contre plus de 1,2 milliard avant la crise multidimensionnelle actuelle. Il y voit le symptôme d’un effondrement de la base productive du pays, soulignant que la crise haïtienne ne se limite pas à la sécurité, mais touche au cœur même de la capacité nationale à produire, créer de la richesse et générer de l’emploi.
Dans cette logique de réorganisation, le ministre de l’Économie a également annoncé l’interdiction du transit des marchandises importées via la République dominicaine pour les entreprises bénéficiant des exonérations, tout en précisant que le commerce avec le pays voisin n’est pas interdit. Il s’agit, selon lui, d’un effort visant à mieux contrôler les flux, sécuriser les circuits d’importation et renforcer la souveraineté économique.
Enfin, Alfred Fils Metellus a rappelé l’obligation faite aux importateurs d’annexer un certificat d’origine à leur déclaration en douane, indiquant que l’Autorité portuaire nationale (APN) est en train de mettre en place des dispositifs techniques pour améliorer la sécurité et la traçabilité dans les ports du pays. Ces mesures, a-t-il conclu, constituent une étape essentielle dans la reconstruction d’un appareil productif affaibli, mais encore récupérable.
Source : Déclaration du ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Fils Metellus, lors de la signature du protocole d’accord de facilitation, 16 janvier 2026.

