Invité de l’émission Rencontre au Sommet sur la Télévision Nationale d’Haïti, le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, a exposé les grandes lignes de la vision économique qu’il entend porter à la tête du ministère. À travers cette intervention, le titulaire du MCI a défendu une approche articulée autour de l’investissement, du renforcement institutionnel, de l’appui à l’entrepreneuriat et d’un développement mieux réparti sur le territoire. Les communications officielles récentes du ministère confirment d’ailleurs que James Monazard demeure au centre de plusieurs dossiers liés à la modernisation des services, à l’investissement productif et à la relance économique. 

Le ministre a rappelé, au cours de cet échange, que le MCI ne se limite pas à une fonction de régulation administrative, mais supervise aussi plusieurs structures jugées déterminantes dans l’animation de l’économie nationale. Le site officiel du ministère mentionne notamment parmi ses organismes et entités liées la SONAPI, l’Office des Postes d’Haïti, le Centre de Facilitation des Investissements ainsi que la Direction des Zones Franches, autant d’instruments appelés à intervenir dans l’encadrement du climat des affaires, la promotion des investissements et l’organisation de pôles de croissance. 

Dans son propos, James Monazard a également insisté sur la nécessité de donner une place plus importante aux régions dans la stratégie de relance. L’accent mis sur le Grand Nord et le Grand Sud s’inscrit dans une logique que l’on retrouve déjà dans plusieurs prises de position récentes du MCI, qu’il s’agisse du suivi du parc industriel de Caracol, de la sécurisation des espaces industriels ou encore de la signature, en avril 2026, d’une convention d’investissement de plus de 10,2 millions de dollars américains destinée à dynamiser l’industrie dans le Grand Nord. À travers cette orientation, le ministère cherche visiblement à déplacer une partie de la dynamique économique vers des territoires considérés comme stratégiques pour l’emploi et l’investissement. 

Le ministre a aussi remis en avant l’entrepreneuriat comme levier de transformation économique. Cette priorité rejoint les actions déjà engagées par le MCI autour du Programme d’Appui à l’Entrepreneuriat Jeunesse, du soutien à l’entrepreneuriat féminin et de plusieurs dispositifs d’accompagnement destinés aux petites et moyennes entreprises. Le ministère présente ces programmes comme des outils capables de stimuler l’innovation, de favoriser la création d’activités et de redonner une perspective à une partie de la jeunesse dans un contexte national particulièrement contraint. 

Sur la question du climat des affaires, James Monazard a soutenu que la relance économique passe aussi par une meilleure protection des investisseurs, un cadre juridique plus lisible et un contrôle accru de la qualité des produits et services. Là encore, le discours s’aligne sur des démarches déjà observées au sein du ministère, notamment autour du renforcement des inspections, de la protection des consommateurs et de la volonté affichée de moderniser certains mécanismes économiques et administratifs. Cette insistance sur la qualité, la sécurité juridique et la crédibilité des institutions traduit une tentative de rassurer à la fois les opérateurs nationaux et les partenaires extérieurs. 

L’intervention du ministre s’est enfin étendue à un dossier sensible : celui des produits pétroliers. Évoquant les contraintes budgétaires auxquelles l’État fait face, James Monazard a souligné que la poursuite des subventions ne pouvait être considérée comme indéfiniment soutenable. Cette séquence rejoint une évolution gouvernementale récente : le 29 mars 2026, les autorités ont installé un Conseil consultatif chargé du suivi du marché pétrolier et de la formulation de recommandations sur la fixation des prix des carburants, dans un contexte de forte pression sur les finances publiques et de volatilité persistante du marché international. 

Au-delà des annonces et des intentions, l’intervention de James Monazard aura surtout cherché à dessiner une ligne politique : faire du commerce, de l’industrie, des investissements régionaux et de l’initiative privée les piliers d’une reprise graduelle. Le ministère met aussi en avant, depuis plusieurs semaines, les questions de propriété industrielle et d’innovation, ce qui montre une volonté d’inscrire la relance dans une perspective plus large que la seule gestion de crise. Reste désormais à savoir si cette orientation pourra se traduire, dans les mois à venir, par des résultats visibles en matière d’emplois, de confiance et de redéploiement économique. 

Source : Ministère du Commerce et de l’Industrie ; Ministère de l’Économie et des Finances. 

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