Une nouvelle directive du département d’État américain, inspirée d’orientations défendues par le sénateur Marco Rubio, invite désormais les agents consulaires à prendre en compte l’obésité lors de l’examen des demandes de visa. L’information a été révélée par KFF Health News, qui a consulté le câble diplomatique contenant ces instructions.
Cette mesure s’inscrit dans une interprétation plus rigoureuse de la règle du « public charge », un dispositif fédéral ancien qui empêche l’entrée sur le territoire américain de personnes jugées susceptibles de dépendre ultérieurement de programmes d’aide publique, tels que Supplemental Security Income ou Temporary Assistance for Needy Families.
Le document rappelle que l’obésité augmente les risques d’hypertension, de problèmes respiratoires, de calculs biliaires et d’autres maladies pouvant nécessiter des soins coûteux et prolongés. Les agents consulaires sont également encouragés à examiner d’autres pathologies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires, certains cancers et le diabète.
La Maison-Blanche soutient la décision. Sa porte-parole, Anna Kelly, affirme que ces instructions prolongent la volonté de concentrer les dépenses fédérales sur les citoyens américains. Elle souligne que la possibilité de refuser un visa pour éviter un « fardeau financier » existe « depuis cent ans » et que l’administration du président Donald Trump « applique enfin pleinement cette politique ».
Depuis son retour à la présidence en janvier, Donald Trump a accéléré le durcissement des lois migratoires, autant sur l’immigration illégale que sur les procédures légales. L’exécutif républicain vise jusqu’à un million de déportations annuelles, soutenues par les financements massifs prévus dans la loi One Big Beautiful Bill Act, destinés à renforcer les moyens de l’agence fédérale ICE.
Le porte-parole du département d’État, Tommy Pigott, résume ainsi la ligne de l’administration : « Les intérêts des citoyens américains passent en premier, ce qui inclut la protection des ressources publiques ».
Reste à savoir combien de demandes de visa pourraient être touchées. Pour l’heure, aucune estimation officielle n’a été communiquée.
