Haïti vient de perdre l’une de ses voix les plus familières et les plus aimées. La chanteuse Anna Pierre, rendue immortelle par la chanson culte Mete suk sou bonbon m, est décédée ce mardi 23 décembre 2025 à l’âge de 68 ans. La nouvelle, confirmée par plusieurs sources concordantes, a provoqué une profonde émotion à travers le pays et au sein de la diaspora, tant cette voix faisait partie du décor intime de la vie haïtienne.

Mete suk sou bonbon m n’était pas qu’un simple succès musical. C’était une expression populaire devenue chanson, un refrain entré dans les maisons sans invitation, repris dans les fêtes, dans les cours, dans les souvenirs. Avec ce titre, Anna Pierre avait réussi ce que peu d’artistes accomplissent : transformer le langage du peuple en patrimoine sonore. Elle chantait comme on parle, sans détour, sans masque, avec une vérité désarmante qui touchait immédiatement.

Anna Pierre n’a jamais incarné la célébrité tapageuse. Elle appartenait à cette génération d’artistes qui laissaient les œuvres parler à leur place. Sa musique ne criait pas, elle s’installait. Elle racontait la vie ordinaire, les relations humaines, l’amour simple, parfois naïf, souvent profond. C’est précisément cette sincérité qui explique pourquoi, aujourd’hui encore, sa disparition donne l’impression qu’une voix familière s’est soudainement tue dans la maison collective.

Décédée en Floride, loin de son pays natal, Anna Pierre n’en reste pas moins profondément ancrée dans la mémoire haïtienne. Dès l’annonce de sa mort, les réactions ont afflué : messages d’hommage, extraits de chansons, souvenirs personnels. Pour beaucoup, elle n’était pas seulement une chanteuse, mais un repère émotionnel, une bande sonore de l’enfance, de la jeunesse, d’une époque où la musique prenait le temps de toucher l’âme.

Sa disparition met aussi en lumière une réalité souvent ignorée : celle de ces artistes populaires qui ont façonné la culture sans jamais être pleinement célébrés de leur vivant. Aujourd’hui, Haïti pleure Anna Pierre, mais à travers ce deuil, c’est toute une mémoire collective qui refait surface. Une mémoire faite de chansons simples, de mots justes et d’émotions partagées.

Mete suk sou bonbon m ne résonnera plus de la même manière, car la voix qui l’a portée s’est éteinte. Pourtant, Anna Pierre n’a pas vraiment quitté le pays. Elle reste là, dans chaque refrain murmuré sans y penser, dans chaque souvenir réveillé par une vieille mélodie. La chanteuse est partie, mais la chanson, elle, a déjà gagné l’éternité.

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