La Coupe du monde U17, Qatar 2025, n’a pas seulement réuni les meilleurs espoirs du football mondial. Elle a aussi mis en lumière une dynamique nouvelle : la présence remarquée de plusieurs journalistes haïtiens venus couvrir la compétition et accompagner la sélection nationale. Une immersion intense, professionnelle, qui illustre la volonté croissante des médias haïtiens de s’affirmer sur la scène internationale malgré les obstacles inhérents au contexte national.
Des journalistes issus de rédactions diverses — Le Nouvelliste, Ticket Magazine, Magik 9, Radio Télévision Caraïbes, Mag Haïti, Footkole ou encore Ayibosport — ont fièrement représenté le pays. Pour un journalisme sportif souvent limité par le manque de moyens et d’opportunités à l’étranger, cette présence constitue un pas important vers une nouvelle visibilité.
Parmi cette délégation, Louise Samantha Rabel s’est distinguée comme la seule femme journaliste haïtienne présente au Qatar. Correspondante pour Le Nouvelliste et Ticket Magazine, et coanimatrice de l’émission 109 Sports sur Magik 9, elle vivait sa première grande couverture internationale. « C’est un moment marquant sur le plan professionnel. Être au cœur d’un événement réunissant la relève du football mondial m’a profondément inspirée », confie-t-elle. Malgré les trois défaites des jeunes Grenadiers, elle voit dans cette participation un appel à mieux structurer le football de jeunes en Haïti.
Pour Kesnol Lamour, journaliste à la Radio Télévision Caraïbes (RTVC), cette Coupe du monde est « une école grandeur nature », offrant la chance d’échanger avec des reporters du monde entier et de découvrir les standards du haut niveau. Il remercie le sponsor qui lui a permis de réaliser ce déplacement, rappelant que de solides partenariats restent indispensables pour permettre à la presse haïtienne d’exister à l’international.
Habitué des grandes compétitions, Lutherson Léon, fondateur du média Footkole, souligne le caractère particulier de cette expérience : « C’est la première fois que je couvre une compétition internationale où Haïti est présente. Cela rappelle combien il est essentiel de comprendre le métier à l’échelle internationale. » Il encourage les jeunes confrères à investir dans leur formation, à bâtir des connexions et à planifier sérieusement leurs projets, estimant que voyager doit être une démarche réfléchie, non une précipitation.
Pour Kervens Mérisma, cette Coupe du monde a été sa première immersion dans un événement d’une telle envergure. « C’est une expérience exigeante. On y apprend la rigueur, la discipline, et l’importance du professionnalisme », souligne-t-il, invitant les jeunes journalistes à se préparer mentalement et financièrement avant de se lancer.
Les photographes haïtiens ont également joué un rôle déterminant dans cette aventure. Marckinson Pierre, du Nouvelliste, a vu dans cette mission un accomplissement personnel autant qu’une fierté nationale : « Participer à la Coupe du monde U17 était un rêve devenu réalité. Cela prouve qu’il existe en Haïti une jeunesse passionnée et talentueuse. » Steven Aristil, photographe à Mag Haïti et vidéoreporteur pour Reuters, partage ce sentiment. Pour lui, cette présence est une rare occasion de projeter une image positive d’Haïti à travers les médias internationaux. « C’est ma deuxième Coupe du monde FIFA. Je pense que tous les journalistes haïtiens devraient vivre cette expérience. Elle change la perception du métier, avec plus de rigueur et d’ouverture », affirme-t-il.
Par leur travail, leur passion et leur engagement, ces journalistes ont contribué à offrir une autre image d’Haïti : celle d’une génération ambitieuse, curieuse, tournée vers le monde, déterminée à raconter l’histoire du pays autrement.
