L’échiquier international s’est à nouveau tendu après les déclarations sans détour de Vladimir Poutine, affirmant que la Russie s’emparerait du Donbass « par des moyens militaires ou autres ». Ces propos, relayés par l’agence TASS, interviennent alors que des responsables ukrainiens se préparent à un nouveau cycle de discussions aux États-Unis, cherchant à clarifier le contenu des propositions américaines déjà débattues à Moscou.

Le président russe, fraîchement arrivé à New Delhi pour un entretien stratégique avec le Premier ministre Narendra Modi, a confirmé dans une interview à India Today que la « libération du Donbass et de la Novorossiya » demeurait l’objectif cardinal de Moscou. Pour lui, la fin du conflit ne sera envisageable qu’au moment où ces territoires seront contrôlés par la Russie, réaffirmant une position qui rend toute concession particulièrement hypothétique.

Ces déclarations interviennent dans un contexte où le Kremlin durcit ses exigences territoriales, alors que Kyiv les rejette systématiquement. La trajectoire de compromis s’assombrit encore davantage, d’autant que les analyses indépendantes contredisent les ambitions affichées par Moscou : selon l’Institute for the Study of War, au rythme actuel de progression militaire, la Russie ne pourrait théoriquement contrôler l’ensemble de la région de Donetsk qu’à l’horizon 2027.

La visite de Poutine à New Delhi intervient deux jours après une longue réunion au Kremlin avec une délégation américaine emmenée par l’émissaire Steve Witkoff, accompagné de Jared Kushner. Le président russe a reconnu que le document américain, composé de multiples propositions visant une sortie de crise, contenait plusieurs points « difficiles à accepter » pour Moscou. Il insiste notamment sur deux conditions non négociables : le retrait des forces ukrainiennes du Donbass et la suspension totale des opérations militaires.

À Washington, Donald Trump a qualifié cet échange de « très bon », tout en admettant qu’aucun résultat tangible n’avait émergé. « Il faut être deux pour danser », a commenté l’ancien président, soulignant les divergences persistantes.

Pendant ce temps, une délégation ukrainienne conduite par Rustem Umerov et le chef d’état-major Andrii Hnatov s’envole pour Miami. Les responsables ukrainiens cherchent à connaître précisément le contenu des échanges de Moscou, une information cruciale pour évaluer la stratégie de Poutine et les marges de négociation encore disponibles. Le président Volodymyr Zelensky a insisté sur cette nécessité, affirmant dans son message nocturne que l’objectif était de comprendre « les nouveaux prétextes trouvés par Poutine pour prolonger la guerre et accentuer la pression sur l’Ukraine ».

Ces discussions surviennent à peine quatre jours après une autre rencontre de haut niveau entre Washington et Kyiv, décrite par le secrétaire d’État Marco Rubio comme « productive » et marquée par des avancées substantielles.

Dans cet entrelacs diplomatique où chaque mot pèse le poids d’un territoire disputé, une évidence demeure : les deux camps s’avancent vers un processus de négociation sans réelle convergence. Entre ambitions territoriales irréductibles et calculs géopolitiques, la perspective d’une paix durable semble encore reléguée dans un horizon lointain.

Source : CNN (Jessie Yeung, Victoria Butenko, Darya Tarasova), TASS, Institute for the Study of War

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