Une nouvelle vague d’intimidation secoue le milieu de la presse haïtienne. Le journaliste Ronald Desormes, co-animateur du Journal Premye Okazyon sur Caraïbes FM, fait désormais l’objet de menaces explicites attribuées au chef de gang Jimmy Chérizier, connu sous le nom de « Barbecue ». Selon des informations relayées publiquement, le dirigeant de la coalition armée dite Viv Ansanm aurait promis une récompense de 50 000 dollars américains à toute personne qui attenterait à la vie du journaliste.

Cette situation a immédiatement suscité une vive réaction au sein du milieu médiatique. L’organisation SOS Journalistes, déjà mobilisée à plusieurs reprises face aux agressions visant la presse, a publié une note dénonçant une escalade inquiétante des violences dirigées contre les professionnels de l’information.

Ronald Desormes n’est malheureusement pas un cas isolé. Au sein même de Radio Télévision Caraïbes, d’autres journalistes ont été pris pour cibles ces derniers mois : les noms de Johnny Ferdinand et Dieuseul Guerrier avaient déjà été publiquement « mis à prix » par des groupes armés. Plusieurs autres médias du pays font face à des situations similaires, leurs reporters travaillant désormais sous une menace permanente.

Les propos attribués à Jimmy Chérizier sont d’une brutalité rare. Il aurait exhorté les membres de sa coalition, ainsi que toute personne susceptible de croiser le journaliste, à l’abattre avant de lui transmettre la preuve de l’auteur du meurtre, en échange de la somme promise. Cette mise à mort annoncée vise un professionnel dont la seule mission consiste à informer quotidiennement la population.

Dans sa note, SOS Journalistes condamne « une offensive criminelle qui s’enracine dans un climat d’impunité durable », estimant que l’absence de réponses fermes de la part des autorités nourrit et amplifie ces dérives. L’organisation presse les responsables gouvernementaux et la Police nationale d’Haïti d’assurer, sans délai, la protection de Ronald Desormes.

Le document, signé par le secrétaire général Guy C. Delva, avertit qu’au-delà de ce cas particulier, c’est la liberté de presse elle-même qui se retrouve visée, ainsi que le droit fondamental du public à être informé.

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