La décision était redoutée depuis plusieurs mois : elle est désormais officielle. Dans un communiqué diffusé ce mercredi, le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) a annoncé la résiliation du Statut de Protection Temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens. Un avis formel a été transmis au Federal Register, confirmant la fin de cette protection humanitaire au 3 février 2026.
Selon le communiqué, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Christi Noem, a conclu, après des consultations inter-agences, qu’Haïti « ne répondait plus aux exigences légales pour le TPS ». Cette décision s’appuie, d’après Washington, sur une évaluation interne menée par les services de citoyenneté et d’immigration, sur les analyses fournies par plusieurs institutions fédérales et sur une appréciation stratégique estimant que le maintien du TPS pour les Haïtiens serait désormais “incompatible avec les intérêts nationaux américains”.
Cette annonce marque un tournant majeur dans la politique migratoire américaine à l’égard d’Haïti. Elle intervient dans un contexte où la crise sécuritaire, économique et humanitaire du pays ne montre pourtant aucun signe d’amélioration, ce qui rend la décision particulièrement controversée.
Le DHS va plus loin en enjoignant les bénéficiaires actuels du programme à se préparer au départ :
« Si vous êtes un étranger bénéficiant du TPS pour Haïti et que vous ne possédez aucune autre base légale de séjour, vous devez commencer les préparatifs pour quitter les États-Unis. Vous pouvez utiliser l’application mobile CBP Home pour signaler votre départ », lit-on dans le communiqué.
Fait notable, les autorités américaines ont rappelé l’existence d’un programme qualifié d’“autodéportation sécurisée”, offrant un billet d’avion gratuit, une prime de sortie de 1 000 dollars, ainsi que la possibilité, à terme, d’une éventuelle réimmigration légale. Une politique qui suscite un mélange de curiosité, de scepticisme et d’inquiétude au sein des communautés haïtiennes installées aux États-Unis.
D’ici au 3 février 2026, les ressortissants haïtiens inscrits au TPS devront soit changer leur statut migratoire, soit quitter le territoire. Les juristes spécialisés en immigration soulignent toutefois que les options légales restantes demeurent limitées pour une grande partie des bénéficiaires, installés depuis des années et souvent intégrés au marché du travail américain.
La fin du TPS pour Haïti ouvre une période d’incertitude profonde pour des dizaines de milliers d’Haïtiens. Cette décision risque d’avoir un impact humain, social et économique considérable, aussi bien aux États-Unis qu’en Haïti, où beaucoup redoutent une pression supplémentaire sur une économie déjà à genoux.
