De nouveaux éléments issus des archives judiciaires américaines liées à l’affaire Jeffrey Epstein continuent d’être examinés par plusieurs médias internationaux. Parmi les milliers de documents rendus publics par la justice américaine, Haïti apparaît de manière particulièrement fréquente. Le pays est mentionné plus de 400 fois dans ces dossiers, qui contiennent également les noms de plusieurs personnalités haïtiennes dans des contextes variés.

Ces archives, souvent appelées « fichiers Epstein », regroupent des documents judiciaires et administratifs issus des enquêtes fédérales menées aux États-Unis contre Jeffrey Epstein. L’homme d’affaires américain était accusé d’avoir orchestré un vaste réseau d’exploitation sexuelle impliquant près d’un millier de mineures et de jeunes femmes. Pendant des années, Epstein a évolué dans des cercles de pouvoir très influents, entretenant des relations avec des personnalités politiques, économiques et culturelles à travers le monde.

Les documents ont été rendus publics en 2025 à la suite d’un processus de déclassification engagé par le Département de la Justice des États-Unis. Une partie des informations a toutefois été caviardée afin de protéger les victimes et certaines données sensibles. Les autorités américaines ont rappelé que la présence d’un nom dans ces archives ne constitue pas une accusation ni une preuve d’implication dans les activités criminelles d’Epstein.

Dans ces dossiers, le nom de l’homme d’affaires haïtien Gilbert Bigio apparaît notamment dans les métadonnées d’un document lié à la succession de Jeffrey Epstein daté de 2020. Ce document évoque la vente d’une voiture de luxe Mercedes Maybach réalisée en 2018, sans mention explicite de l’acheteur. Des documents publiés en 2020 indiquent toutefois que Gilbert Bigio aurait acquis ce véhicule pour un montant d’environ 132 000 dollars américains. La transaction aurait eu lieu à Paris à une période où Epstein vendait certains de ses biens afin de couvrir des frais judiciaires et d’indemniser des victimes.

La star internationale d’origine haïtienne Wyclef Jean apparaît également à plusieurs reprises dans ces archives. La majorité des références concernent ses collaborations musicales avec d’autres artistes ou ses activités publiques. Certains courriels mentionnent aussi ses interactions avec Marcy Simon, une conseillère en communication associée au lancement de l’organisation caritative Yele Haïti au début des années 2000.

Un message électronique daté d’octobre 2004 évoque notamment une réunion entre Marcy Simon, Wyclef Jean et un avocat au sujet d’un éventuel projet d’achat d’une île en Haïti. Dans ce même échange, l’auteure du courriel suggère à un interlocuteur dont le nom a été masqué de participer à cette initiative. Les documents disponibles ne permettent toutefois pas de déterminer si ce projet a effectivement été mené à terme. D’autres échanges évoquent également l’idée d’inviter l’artiste à une réception, sans précision sur la nature de cet événement.

Les archives contiennent aussi un courriel datant de 2015 adressé à Jeffrey Epstein par Philip Levine, alors maire de Miami Beach. Ce message évoque une invitation aux célébrations du centenaire de la ville. Plusieurs artistes de renommée internationale devaient participer à l’événement, dont Wyclef Jean, Andrea Bocelli, Jon Secada, Diego Torres et Barry Gibb.

Une autre personnalité mentionnée dans les documents est Doris Pradieu, née en Haïti et associée à la fondation EDEYO, créée en 2007. Son nom apparaît notamment dans des échanges datant de 2012 relatifs à la restitution d’un fonds de 25 000 dollars versé à cette organisation par Jeffrey Epstein. Selon les informations disponibles sur le site de la fondation, elle était chargée de la gestion financière de cette structure.

Les archives comportent également plusieurs références indirectes à l’ancien dirigeant haïtien Jean-Claude « Baby Doc » Duvalier. Dans la plupart des cas, ces mentions apparaissent dans des discussions intellectuelles ou dans des articles de presse transmis entre certains correspondants d’Epstein. Dans un échange datant de 2009 avec le chercheur en intelligence artificielle Roger Schank, Epstein cite par exemple plusieurs figures historiques — parmi lesquelles Duvalier, Hitler, Michael Jackson ou Colin Powell — pour illustrer ses réflexions sur le leadership et l’influence politique.

D’autres références à Duvalier apparaissent dans des articles de presse relatifs à des enquêtes financières sur les détournements de fonds attribués à l’ancien dictateur haïtien ou dans des analyses portant sur l’histoire politique d’Haïti.

Le nom de l’ancien président haïtien Michel Martelly apparaît également de manière brève dans un rapport régional de l’International Peace Institute transmis à Epstein par son président. Le document évoque notamment les discussions internationales autour de la création d’une nouvelle armée haïtienne en 2012.

Jeffrey Epstein est mort le 10 août 2019 dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center à New York. Le médecin légiste a conclu officiellement à un suicide par pendaison. Les circonstances de sa mort continuent cependant d’alimenter de nombreuses interrogations et controverses.

La publication de ces archives met surtout en lumière l’ampleur du réseau relationnel entretenu par Epstein, un homme qui évoluait dans des sphères d’influence mondiales. Les documents montrent que de nombreuses personnalités ou institutions apparaissent dans ces échanges sans qu’il soit possible d’établir un lien direct avec les activités criminelles pour lesquelles il faisait l’objet d’enquêtes.

Source : Archives judiciaires américaines rendues publiques dans l’affaire Jeffrey Epstein.

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